Acte 3 : Un peu de barbarie technique Afin d’avoir une capacité maximum sans tout dupliquer, il fut décidé d’avoir 4 cages dédiées aux rides et deux aux chutes. Tout cela plus la scène de la 4ème dimension réclamait un nouveau type de véhicule, l’ascenseur devant sortir de sa cage pour aller vers une autre ! Bref un véhicule qui se déplace à l’horizontal et à la vertical. On se tourna alors vers les AGV (Autonomous Guided Vehicle), un véhicule qui se contrôle et se guide tout seul puisqu’il roule avec ses propres roues sur le plancher, sans voie. Un tel véhicule se doit de fonctionner avec sa propre source d’énergie et donc de se recharger rapidement. Si pour l’Univers de l’énergie d’EPCOT, un système d’énergie inductive permettait de recharger le véhicule sans qu’aucune connexion à une batterie ne soit nécessaire, le concept a été redéfini pour la Tower of Terror. Un ordinateur embarqué suit un parcours pré-programmé et « parle » au RCS (Ride Control System) via le RF (une fréquence sans fil). Un second système de traction suit un fil incorporé dans le plancher pour que l’AGV garde sa position (c’est ce qui peut provoquer des 101 si par exemple un plan du parc vient par mégarde se mettre entre lui et le dessous de l’AGV). Mais comment une telle machine peut elle devenir aussi puissante et efficace pour les chutes que les véhicules traditionnels des free-fall ? Grâce à un second véhicule, le VVC (Vertical Vehicle Conveyance). C’est un élévateur au sens propre du terme avec câbles et roues ainsi que des treillis métalliques pour les murs. Il fait monter, en soulevant, les AGV au niveau de la scène de la 4ème dimension avant de descendre au sous-sol chercher les AGV qui doivent décharger et charger. Un VVC renforcé est utilisé pour les chutes, en raison de l’accélération, grâce à un système de poulie non seulement en haut comme un ascenseur classique mais une boucle complète de câble qui tire en haut et en bas l’élévateur, donc plus rapidement que la pesanteur. C’est grâce à ce système moderne et ingénieux que les imagineers résolurent tous leurs problèmes. La construction a pu débuter, les budgets colossaux ayant été alloués. Le 22 juillet 1994 le Hollywood Tower Hotel ouvra ses portes au public. Le succès fut là. L’ascenseur chute de 13 étages environ (soit 130 pieds sur 157 pour les Anglais). Une chute dure 2 secondes et demie environ . . . alors qu’elle vous parait bien plus longue. Peu de chose ont changé depuis l’ouverture : quelque nouveaux systèmes de projections par ci, une réhabilitation par là, changement de la vidéo de fin, les ceintures mises en place, et les nouveaux programmes de chute (aléatoires aujourd'hui de sorte que vous ne savez jamais quelle sentence vous est reservée). Une évolution normale en somme. Face à un tel succès, l’idée de dupliquer l’attraction traversa l’esprit des dirigeants, surtout en pleine crise financière liée à EuroDisney. Même si elle devait rester en exemplaire unique, l’attrait financier a fait changer la donne . . . Lorsque que Disney’s California Adventure ouvrit en 2002, il se trouva que le parc fut un échec qui obligea les dirigeants à le doter de grands rides qu’il ne possédait pas. La Tour de la Terreur apparue alors pour les imagineers comme un moyen efficace de relancer le parc. Cependant il n’était pas question de reproduire à l’identique le même ride. En effet la tour Californienne arbore une architecture très locale, un art-déco assez pueblo, et en accord avec les tons sables de la région, un style chaleureux et inquiétant à la nuit tombée par son éclairage mais qui globalement fait beaucoup plus faux-vieux et moins glauque. De plus, elle ne se situe pas au fond d’un boulevard, ce qui ne lui offre pas le recul de la tour floridienne. L’attraction est cependant plus courte puisque la scène de la 4ème dimension des MGM a été supprimée au profit d’une scène où votre reflet se transforme en fantôme, symbolisant ainsi le passage dans une autre dimension. De ce fait, le ride n’a plus de layout (parcours) en O mais en L puisque l’ascenseur recule au début puis effectue ses chutes et ses montées devant les scènes dans la même cage. Un ride plus court mais avec une meilleure capacité et plus facile à entretenir. Il est cependant à noter que si une telle version a vue le jour sous cette forme, ce n’est pas uniquement pour des questions de budget. Lorsqu’en 1992 était annoncé les Disney MGM Studios Europe pour le tout nouveau complexe, il avait été question d’y intégrer la Tour de la Terreur à plus long terme. Mais les imagineers voulait laisser celle d’Orlando en modèle unique, pour cette raison ils changèrent l’aspect et le ride pour créer une nouvelle expérience avec une qualité similaire, remplaçant la scène de la 4ème dimension par celle du miroir qui contenait pour eux des effets aussi bons. Suite aux désastres financiers de Disneyland Paris, le projet fut entériné et les plans repris par les Californiens aux Parisiens... avant qu’ils ne soient de retour chez nous, notre Tour étant désormais en construction dans nos studios sous la forme qu’elle aurait de toute façon eu. Il apparaît finalement que les deux tours se valent, avec leur qualités et défauts. La scène de la 4ème dimension à la sauce floridienne est jugée assez vieille par certains comparée à celle de Disney’s Califonia Adventure plus étonnante et moderne d’autant plus qu’elle implique les guests. Inversement, le layout est considéré comme meilleur et plus désorientant en Floride qu’en Californie. Bref la même qualité mais de manière différente . . . reste juste votre goût à vous. |
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