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Beastly Kingdom: le land mythique d'Animal Kingdom

C’est le 20 juin 1995 que Michael Eisner, alors à la tête de la Walt Disney Company, annonça la création d’un quatrième parc à thème pour le resort Floridien, Animal Kingdom avec l’idée d’agrandir un peu plus le terrain et de gagner toujours plus d’argent. 200 hectares furent terrassés. Le 22  avril 1998, le nouveau royaume ouvra. Mais les imaginieurs savaient que ce parc n’attirerait pas les foules voulues pour une simple raison: le manque d’E-Ticket. Et pourtant la solution pour faire de ce parc un succès existait. Son nom ? Beastly Kingdom.

 

Beastly Kingdom devait se trouver à l’emplacement de l’actuel land temporaire  (mais comme toujours le temporaire dure) Camp Mickey  – Minnie. Si vous regardez le logo du parc, vous apercevrez la présence d’animaux : lion, éléphant, dragon, rhinocéros. Dragon ? Pourtant point de dragon dans le parc. Etrange ? Pas réellement si on considère que les animaux mythiques devaient à l’origine être l’objet d’un land, Beastly Kingdom. La mythologie avait toujours fasciné les hommes avec ses dragons, licornes et autres animaux fabuleux. Dans ses circonstances, il apparaissait logique de créer un land sur ce sujet, land qui devait être divisé en deux parties, le royaume du bien et celui du mal  pour symboliser l’affrontement.

Pour entrer dans le land, vous auriez dû vous aventurer sur une croisière  au cours de laquelle un dragon cracheur de feu, dans sa grotte située aux abords de ce land mythique, vous aurez accueilli. Puis un Kraken, animal de compagnie de Poséidon, aurait fait son apparition, vous piégeant ainsi entre lui et le dragon. Par où sortir ? Votre capitaine, qui connaît bien la mythologie,  aurait alors sorti sa lyre pour en jouer, calmant ainsi les monstres et vous laissant la vie sauve. Pour ne pas vous laissez sur votre faim, votre bateau aurait approché d’une crique pour enfin admirer la licorne tant recherchée. La quête du graal, le but ultime ! Votre bateau vous aurez alors laissé pour découvrir le land de Beastly Kingdom.

  

Localisation du land et concepts-arts de la croisière.

Le royaume du mal devait être dominé par  l’attraction Dragon’s Tower,   un roller coaster inversé (rail au dessus, pieds dans le vide), premier du genre pour Disney. Le ride se serait déroulé dans un château en ruine dévasté par un incendie et habité par un dragon. L’animatronic du dragon cracheur de feu devait être le plus grand jamais utilisé afin de vous faire trembler et de vous faire regretter votre décision de vous aventurer ici. Pour récupérer le trésor du château, jalousement gardé par le dragon, des chauves souris auraient été votre plus sûr allié.

Le royaume du bien devait être composé de  La Quête de la Licorne, labyrinthe géant. Avec ces décorations gothiques, sa flore, ses fontaines et son château, ce labyrinthe promettait plein de surprise. Divisé en 4 parties, 3 à l’extérieure et une finale dans le château où vit la licorne, le visiteur aurait du, pour passer à la section suivante, lire des panneaux, rechercher des informations afin de trouver la clef pour qu’un audio-animatronic leur permette l’accès à la suite du parcours. La première section devait adopter un ton classique, sérieux avec des gargouilles et un sphinx en fin de partie, sphinx avec qui le dialogue devait permettre aux visiteurs de traverser un pont les menant à la seconde section. Dans celle-ci, l’atmosphère se faisait plus légère, moins réalistes avec ses spirales, ses jeux d’eaux, ses couleurs et ses gargouilles farceuses. Puis un oiseau sur un trône de fleur aurait signalé la fin  de cette section : c’est en réalité un phœnix qui de temps à autre revient à la vie et déclame aux visiteurs un pan de l’histoire de la licorne, cela afin de mieux poursuivre la quête. Après avoir franchi un nouveau pont se trouve la dernière section, des jardins qui devaient aborder un ton encore plus surréaliste avec des animaux mythiques et des dédales à vous en faire perdre le bon sens. La fin de la section devait être symbolisée par l’arrivée dans une cour fleurie gardée par un griffon en or chargé de délivrer un nouveau message vous indiquant votre arrivée prochaine vers votre but. Après moult périple, le château abritant la grotte devait s’offrir aux visiteurs. D’un balcon, vous auriez vu la licorne dans son repère secret, entourée de fleurs, d’eau. Et c’est alors qu’elle vous aurez adressé un dernier message. Puis retour à Beastly Kingdom. Avec une paisible croisière, le parc aurait ainsi regorgé de frissons et d’émotions.

    
   

Coupe budgétaire oblige, point de Beastly Kingdom aujourd’hui. Les dinosaures furent préférés par notre bon vieux Eisner, certain que son film Dinosaur allait être un succès. Mais le film fut un cuisant échec et Animal Kingdom n’a pas eu le succès escompté retardant ainsi la construction de Beastly Kingdom idéalement prévu pour 2003. Discovery River Boat, la croisière du parc qui aurait eu plus de sens avec notre land est aujourd’hui présente mais sans dragons, kraken et autres animaux mythiques, ni audio animatronic. De quoi décevoir les fans et faire perdre tout son sens à l’attraction.

Le coup final fut porté par le concurrent de toujours, j’ai nommé Universal qui ouvra en 2000 Islands of Adventure, second parc à thème de son resort floridien. En visitant le parc et un land intitulée The Lost Continent, Michael Eisner a découvert, entre autre, avec horreur, un roller coaster dans un château en ruine habité par un dragon. La faute à qui ? A lui-même qui avait provoqué après la crise Euro Disney une légère fuite des cerveaux vers le rusé Universal.  Impensable de refaire ce qui existe plus ou moins à côté, cela serait inimaginable pour l’image de marque de Disney que la firme puisse être accusée plagiat. C’est ainsi que le land fut abandonné au profit d’Expedition Everest.

 

Chez Universal.

 
     
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